Environnement

Publié le par DAI

Contre les soumissions de la pensée

L'homme et son environnement

Il en est ainsi si l'on en croit la Bible de Jérusalem : l'homme est un couronnement de la création. « Car Dieu dit : ″Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.1 Il s’ensuit dès lors que l’homme est le Sujet ; que bien loin d’être l’un des éléments d’un tout que serait la nature, il est dès l’origine entité séparée. Il existe ainsi un abîme entre lui et le monde ″objet″. Il est « un observateur extérieur à la nature, celle-ci n’étant devant lui qu’un ″paysage2, un environnement – le sien – qu’il va dominer…

 

 

Le sort de la biodiversité ? Une grotte du pôle nord…

2006 : « Le gouvernement norvégien est en train de réactiver un ancien projet de construction d’une cave artificielle au sein d’une montagne gelée, dans l’île de Svalbard (à la limite du cercle polaire arctique), afin de sanctuariser la diversité génétique des semences des plantes cultivées. Ce ″coffre-fort de la fin du monde″ accueillera deux millions de lots de semences de toutes les variétés cultivées connues. Pour M. Cary Fowler, directeur du Global Crop Diversity Trust, promoteur du projet, ″si le pire se réalisait, cela permettrait au monde de reconstruire l’agriculture sur la planète″. Parmi les donateurs, on compte DuPont et Syngenta, deux multinationales de l’agrochimie contrôlant une part importante des brevets sur les biotechnologies et la production de plantes génétiquement modifiées (PGM). Si les industriels promoteurs des cultures transgéniques prennent ainsi au sérieux la nécessité de sauvegarder les ressources génétiques des plantes, c’est parce que de nombreux indices attestent la contamination de plantes conventionnelles par des PGM (…) »3

L’homme dans et par son environnement…

L’homme à une double appartenance : il fait partie d’un ordre naturel et d’un ordre social. Il est à la fois être de nature et être de culture. Ce qui fait son humanité n’est pas donné dès la naissance : il ne l’acquiert que dans le bain relationnel de la « constellation humaine » décrite par N. Elias, au sein de laquelle il agit (…et "est agit"), sachant qu’elle est toujours plus puissante que lui-même. Cette constellation lui fixe aussi bien un certain espace que ses limites.

« Et c’est seulement à partir du moment où l’individu cesse de penser ainsi pour lui tout seul, où il cesse de considérer le monde comme quelqu’un qui de ″l’intérieur″ d’une maison regarderait la rue, à l’″extérieur″, à partir du moment où, au lieu de cela, (…) il arrive aussi à se situer lui-même et sa propre maison dans le réseau des rues (…) que s’estompe lentement en lui le sentiment d’être ″intérieurement″ quelque chose pour soi tandis que les autres [et la nature] ne seraient qu’un ″paysage″, ″un environnement″, une ″société″ qui lui ferait face (…). »4

Orientations Génétiques Mortifères

Fions-nous un peu à ce paysan qui sait qu’il appartient à un ensemble plus vaste qui l’a largement précédé ; qui sait que cet ensemble est vivant et trop complexe pour que l’on s’autorise à intervenir puissamment sur des lois organisatrices qui se perdent dans la nuit des temps, armés de nos toutes petites connaissances toute fraîches, très frustres, et… si mal maîtrisées.

© GC 2006

1 La Bible de Jérusalem, in La genèse, De la création au déluge, éds. Desclée de Brouwer, 1999

2 Elias, N., La société des individus, éds. Pocket, coll. Agora, 1997, p99

3 Brac de la Perrière, R.A. & Prat, F., Risques de contamination dans les campagnes, Le Monde Diplomatique, avril 2006

4 Elias, N., op. cit., p99

 

Publié dans Développement

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