Pourquoi on n'a plus le temps ?

Publié le par DAI

Contre les soumissions de la pensée

Pourquoi on n'a plus le temps ?

Cette question a fait son apparition au Café-débat du 13 décembre 2007 préparé par  l'association Ulysse d'Eaubonne (Val d'Oise).

A l’époque d’un discours sur la raréfaction des « ressources », la question du temps – dont on finit par penser que lui aussi est une ressource qui se raréfie, valait bien de façon paradoxale que j'y consacre… du temps ! 

Ci-après une retranscription à peu près fidèle de mon intervention de ce soir-là... 

(...) Si l’on peut à titre individuel rétorquer que l’on a le temps ; que l’on a « du » temps – parce que nous le « prenons » ; parce que nous « nous en donnons », etc. –, il me semble que la question garde toute sa pertinente, dans la mesure où les différents espaces privés et publics dans lesquels nous évoluons – familiaux, professionnels, médiatiques, etc. nous rappellent régulièrement que la majeure partie des individus qui évoluent au sein de l’espace social semble ne plus avoir le temps.

 

Une première façon de parler du temps renvoie à ce que l’on peut appeler « le temps objectif ». Le temps objectif est un temps dont on ne peut dégager une réalité conceptuelle. Il est abstrait et impersonnel et on se le l’imagine volontiers comme une sorte de « fluide » invisible universel, qui s’écoule dans et en dehors de nous, sans fin ni retour. C’est un temps que l’on ne sait que traduire en relation avec une mesure technique opérée sur la base d’une réalité spatiale faite de mouvements cycliques de mobiles – soit les astres qui évoluent en relation avec notre environnement terrestre – et de leurs effets observables, différents selon les régions : l’alternance des saisons ; de la nuit et du jour, etc. Il est ainsi le cadre a priori et obligé de notre existence.

 

Une autre façon d’appréhender le temps, sur laquelle portera plus largement le propos, peut-être illustrée par ce premier exemple éclairant : une définition très courte, laquelle dit en tout premier lieu que le temps est « une durée limitée », avec pour illustration l’expression : « bien employer son temps ». Cette définition du Larousse de… 1947 ( !) paraît en effet intéressante à double titre : elle rapporte d’une part le temps à un temps du vivant – soit un temps limité – (...)

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Publié dans Sociologie

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