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Qui suis-je ?

Guy Courtel

 

Dimanche 4 septembre 2005 7 04 /09 /Sep /2005 00:00

Contre les soumissions de la pensée

Un type de déclaration de sens commun, "pré-réflexive" :

" Ok !... la France aide le Tiers-Monde ; annule ses dettes, mais on ferait peut-être bien de déjà commencer par s'occuper de ce qui se passe chez-nous avant d'aller dilapider notre argent à l'autre bout du monde !"

L'aide en question

S'ils ne peuvent et ne doivent être pensés comme constituant une réalité unifiée, la plupart des pays dits sous-développés ou en développement ont en commun d'être sous dépendance de sociétés dominantes, les "pays riches". Les aides telles qu'elles sont organisées et mises en oeuvre constituent un puissant moyen de contrôle et de développement de zones d'influences et laissent pour le moins songeur quant aux conditions réélles d'un développement et des bénéfices pour les populations. Les Etats concernés sont en fait asservis par de perpétuelles manoeuvres de "colonisation par l'économie".

Ainsi donc, les Etats-Unis, le Japon, l'Europe (et en son sein la France), loin de se "démunir" de leurs richesses, s'enrichissent en "aidant". A titre de brève illustration, l'Aide publique au développement (APD) consentie par les pays membres du Comité d'aide au développement (CAD) s'élève en 2004 à 0,25% de leur Revenu national brut (RNB), soit 78,6 milliards de dollars, lorsque les pays en développement déboursent chaque année plus de 370 milliards pour le remboursement de leur dette extérieure.(1)

Les acteurs essentiels d'une longue histoire de la dette et de la crise actuelle sont des banques privées, les États du Nord, la Banque mondiale, le FMI, et sont à l’origine d’une augmentation exponentielle de la dette, multipliée par 12 entre 1968 et 1980.(2)

Nos "affaires intérieures" telles que la précarisation croissante des nouveaux "travailleurs pauvres" (le "working poor"), des sans-emploi, de celles et ceux que l'on nomme commodément les "exclus" doivent pour l'essentiel à des politiques gouvernementales "franco-françaises" et européennes et ne doivent rien aux pays en développement, trop préoccupés par la fuite endémique de leurs capitaux, sciemment et savamment conditionnée (3).   

Nota : cet article n'est qu'un aperçu extrêmement condensé (et donc réducteur) de quelques enjeux et n'ambitionne pas davantage que de contribuer modestement à la lutte contre nos "soumissions" quotidiennes aux fausses évidences. Celles ou ceux qui souhaitent en savoir davantage se réfèreront utilement aux données et analyses proposées notamment par le cadtm (lien ci-dessous).

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(1) D. Millet & E. Toussaint, Les faux-semblants de l'aide au développement, Le Monde Diplomatique, juillet 2005.

(2) Source : La dette du Tiers-monde ?, in http://www.cadtm.org

(3) Il faudrait également s'attarder sur les alliances stratégiques conclues entre les pays développés et certains chefs d'Etat des pays en développement, lesquels deviennent autant d'"instruments" corrompus, plus attachés à un régime autocratique et à la constitution de fortunes personnelles qu'au développement.

 
Par DAI - Publié dans : Développement
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